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Retrouvez ici mes papiers et les vidéos réalisées en lien avec les sujets de la gouvernance, de la communication et de la stratégie.
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Prolongeons sur le concept de la stratégie en 2 temps autour des 100 premiers jours d’action dans un autre domaine d’application : une campagne électorale. Parce qu’elle touche la politique, cette période est centrale. Une campagne électorale constitue un moment de crise quasi-permanent d’un petit groupe volontairement engagé pour un objectif incertain mais aux enjeux majeurs.


L’objectif est de convaincre des gens que vous ne connaissez pas de mettre un bout de papier dans une boite, voire d’abord de leur donner envie de se déplacer… pour un candidat votre candidat.


Pourquoi en parler maintenant ?


Après les annonces du Président de la République le 17 avril 2023, fixant un cap de 100 jours et une date le 14 juillet, notre première ministre, le 26 avril a annoncé sa feuille de route. L’ensemble constitue un cadre pour cette période. Si cela ne constitue pas exactement 100 jours mais 3 mois, le symbole ajouté au terme répété permettent d’envisager une forme de préemption donc de fin. L’objectif central : « trouver une majorité parlementaire » semble une gageure.


L’actualité politique récente invite à anticiper le risque de dissolution :

acte 1 - présentation du projet LR sur l’immigration dans le JDD du 21 mai ;

acte 2 - le même jour réaction de Sacha Houllié, président de la commission des lois rejetant le projet vers l’extrême droite ;

acte 3 - réaction duale de ce dimanche 28 mai de la première ministre et de son ministre de l’intérieur.


Alors que cette même majorité n’arrive pas à se « solidifier », d’ici au 14 juillet, il reste moins de 50 jours. C’est en anticipant le phénomène que vous diminuez la gestion de crise, que vous préparez vos équipes à gérer la crise.


Au jour de l’annonce de la dissolution, il ne resterait plus que 20 et 40 jours de « campagne » (article 12 de la constitution), il est temps pour nos parlementaires, leurs collaborateurs, leurs proches de préparer la future campagne électorale.


Il ne coute rien de se préparer, d’autant que si une dissolution devait avoir lieu mi-juillet, c’est un vote courant août. Une campagne pendant l’été, au moment où les français vaqueront à de légitimes vacances.


Réfléchir en stratège sur 2 temps, permet de préparer le terrain, les équipes pour être le premier à agir au moment fatidique. Et en politique, le premier candidat sur le terrain avec ses tracts, ses affiches dispose d’un avantage stratégique indéniable.


Bon réflexion à tous !


Celui qui veut être un stratège, qu'il aspire à réfléchir ou faire de la Stratégie, doit se rappeler que le temps est à la fois un allié mais aussi un adversaire redoutable. Dans la confrontation à haute intensité (pas seulement pendant un combat armé) l’échelle des 100 jours ne doit pas être vue comme un terme ferme mais une échéance pour réévaluer nos stratégies.


J'ai depuis longtemps exposé que la notion des 100 jours était trop limitative dans le temps. D’abord un mandat ou une fonction de direction ne s’arrête pas au bout de 3 mois et 10 jours. Aux arguments d’autorités : « il faut réaliser le programme en 100 jours… » «  Je m’engage à vous construire tel projet de service en 100 jours… », j’interrogeais avec malice. Quelle sera la vision au 101ème jour ? Quelle perspective donnerons-nous à voir au 200ème jour ? Ensuite, j’argumentais sur le risque de l’après « 100 jours » car le mandat ou la fonction durent 3, 5 ou 8 ans.


Christine Greiner, l’exprime aussi dans des termes similaires dans un article des échos en novembre 2016 (https://www.lesechos.fr/idees-debats/leadership-management/100-premiers-jours-5-themes-et-10-postures-pour-reussir-1246458). Il faut penser à l’après-100 jours, utiliser cette première période pour engager les étapes suivantes. Le temps est bien l’outil essentiel du manager, du décideur stratégique.


La tribune de Claude Franc, parue en octobre 2022, complète cette approche temporelle sous un angle historique et militaire, dans la revue de la défense nationale (https://www.defnat.com/e-RDN/vue-tribune.php?ctribune=1537). Il démontre par une approche empirique, que la notion des 100 jours est essentielle pour un premier bilan de la stratégie menée. A partir de faits historiques, il renforce l’existence d’un axiome de la stratégie : la fin des 100 premiers jours d’un affrontement, d'un moment critique est le moment d’une première évaluation. Même si la bataille de Waterloo est pour nous, français, dans toutes les têtes. A la fin de cette première centaine l'état du rapport de force détermine en grande partie la suite des évènements du confit : stabilité, échec ou succès.


En multipliant les exemples, l’auteur, ancien militaire et stratégiste, montre qu’il faut bien une vision à 2 temps :

  1. Un temps court basé sur la mobilisation humaine et les capacités logistiques, techniques pour gagner son avantage jusqu’à la centaine de jours.

  2. Un second temps plus fastidieux, long et politique qui mobilise l’ensemble des moyens au-delà d’un premier cercle des engagés, des convaincus.

Claude Franc complète ainsi quelques préceptes stratégiques. Il améliore notre grille de lecture et enrichit les conseils en Stratégie qui pourraient être donnés.


Que vous soyez dans une fusion/acquisition, une prise de poste, en situation de crise ou pire dans une relation conflictuelle : le retour d’expérience montre que ces situations vous placent dans un contexte de haute intensité.


Reprendre ce terme des 100 jours, non comme un achèvement, une finalité, mais comme le bilan d’une première partie de l'action stratégique ; permet avant et à partir de cette centaine de jours d’initier de nouvelles actions.


Bonnes réflexions à tous.

  • 5 oct. 2022
  • 2 min de lecture

La gouvernance est un concept qui regroupe à la fois le processus de prise de décision, le rôle de chaque décideur et le pilotage stratégique. Elle permet d’associer l’ensemble des parties prenantes légitimes et peut donc être déployé dans toutes les organisations : les entreprises, les associations et les établissements publics.


La gouvernance tend aussi à palier la déperdition d’énergie face aux situations de stress ; de perte de sens au travail ; de préparer les organisations aux risques non pas en préparant la crise mais en mettant en œuvre un système de fonctionnement qui renforce la résilience de l’organisation.


Dans cet esprit l’objectif est l’assertivité. C’est à dire obtenir un engagement, une adhésion de chacun. La gouvernance peut inclure un dispositif d’intégration et d’accompagnement des décideurs, des cadres dirigeants pour bien appréhender leur place ou l’appropriation de leurs missions. Cette approche renforce la position de chaque décideur et clarifie au mieux le rôle de chacun.

Pourquoi la réorganiser maintenant ?


Comme le rappel Alain Bauer (professeur au CNAM), la crise n’est plus épisodique mais permanente. Ainsi depuis mars 2020, les systèmes de décisions sont en stress permanents ou presque. Le stress, c’est la modification brutale de paramètres d’un système, parfois par un ou des éléments extérieurs.


Il entraîne une suractivité ou des actions supplémentaires pour maintenir l’organisation et palier au nouveau contexte (exemple : créer un formulaire d’inscription spécifique pour les soignants lors du COVID en 2 jours, ou monter un centre de vaccination en une semaine). La résultant est une sur-consommation en moyens ou en temps pour les organisations humaines.


A court ou moyen terme, l'enchaînement des crises a fortement diminué les marges de manœuvres, voire elles ont disparu pour intégrer les surplus d’activités. Leurs récurrences ont modifié durablement les paramètres des systèmes de décision qui développent des contre-mesures pour palier à chaque nouveau contexte et maintenir la cohésion et les missions. Elles ont aussi entrainé une perte de sens quand le confinement de mars à juin 2020 a remis en cause l’engagement professionnel de beaucoup de salariés.


ll faut donc palier à cette situation en réorganisant le système de gouvernance pour le rendre plus efficient et limiter la dispersion des moyens. Ce nouveau dispositif partagé doit permettre de palier à ces situations de stress répétitives. Il permet de préparer l’organisation aux risques en impliquant mieux chaque partie prenante.


L’objectif de cette nouvelle gouvernance : améliorer l’efficience de la prise de décision en construisant des instances adéquates. Chaque partie prenante légitime peut ainsi s’y exprimer et trouver sa place dans la conduite de l’organisation (l’assertivité).

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