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De l’art stratégique : réfléchir en 2 temps !

  • Vincent Chagneau
  • 20 mai 2023
  • 2 min de lecture

Celui qui veut être un stratège, qu'il aspire à réfléchir ou faire de la Stratégie, doit se rappeler que le temps est à la fois un allié mais aussi un adversaire redoutable. Dans la confrontation à haute intensité (pas seulement pendant un combat armé) l’échelle des 100 jours ne doit pas être vue comme un terme ferme mais une échéance pour réévaluer nos stratégies.


J'ai depuis longtemps exposé que la notion des 100 jours était trop limitative dans le temps. D’abord un mandat ou une fonction de direction ne s’arrête pas au bout de 3 mois et 10 jours. Aux arguments d’autorités : « il faut réaliser le programme en 100 jours… » «  Je m’engage à vous construire tel projet de service en 100 jours… », j’interrogeais avec malice. Quelle sera la vision au 101ème jour ? Quelle perspective donnerons-nous à voir au 200ème jour ? Ensuite, j’argumentais sur le risque de l’après « 100 jours » car le mandat ou la fonction durent 3, 5 ou 8 ans.


Christine Greiner, l’exprime aussi dans des termes similaires dans un article des échos en novembre 2016 (https://www.lesechos.fr/idees-debats/leadership-management/100-premiers-jours-5-themes-et-10-postures-pour-reussir-1246458). Il faut penser à l’après-100 jours, utiliser cette première période pour engager les étapes suivantes. Le temps est bien l’outil essentiel du manager, du décideur stratégique.


La tribune de Claude Franc, parue en octobre 2022, complète cette approche temporelle sous un angle historique et militaire, dans la revue de la défense nationale (https://www.defnat.com/e-RDN/vue-tribune.php?ctribune=1537). Il démontre par une approche empirique, que la notion des 100 jours est essentielle pour un premier bilan de la stratégie menée. A partir de faits historiques, il renforce l’existence d’un axiome de la stratégie : la fin des 100 premiers jours d’un affrontement, d'un moment critique est le moment d’une première évaluation. Même si la bataille de Waterloo est pour nous, français, dans toutes les têtes. A la fin de cette première centaine l'état du rapport de force détermine en grande partie la suite des évènements du confit : stabilité, échec ou succès.


En multipliant les exemples, l’auteur, ancien militaire et stratégiste, montre qu’il faut bien une vision à 2 temps :

  1. Un temps court basé sur la mobilisation humaine et les capacités logistiques, techniques pour gagner son avantage jusqu’à la centaine de jours.

  2. Un second temps plus fastidieux, long et politique qui mobilise l’ensemble des moyens au-delà d’un premier cercle des engagés, des convaincus.

Claude Franc complète ainsi quelques préceptes stratégiques. Il améliore notre grille de lecture et enrichit les conseils en Stratégie qui pourraient être donnés.


Que vous soyez dans une fusion/acquisition, une prise de poste, en situation de crise ou pire dans une relation conflictuelle : le retour d’expérience montre que ces situations vous placent dans un contexte de haute intensité.


Reprendre ce terme des 100 jours, non comme un achèvement, une finalité, mais comme le bilan d’une première partie de l'action stratégique ; permet avant et à partir de cette centaine de jours d’initier de nouvelles actions.


Bonnes réflexions à tous.

 
 
 

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